ACTUALITES DES ARBRES

Un jour, une promenade dans le jardin de sculpture du Musée Kröller-Müller

Cette rubrique est consacrée à l'actualité des arbres sous des formes diverses : compte-rendu d'expositions, parcs et jardins, publications, réflexion ou théorie liés à la thématique de l'arbre au sens large.

Nous ouvrons cette rubrique par la présentation d'un des plus prestigieux parcs de sculpture en Europe, le parc du Musée Kröller-Müller aux Pays-Bas qui présente en ce moment, jusqu'au 30 mars 2014 une exposition temporaire intitulée A One Day Walk - Two generations of British artists.

Nommé d'après Helene Kröller-Müller (1869-1939), ce musée est connu non seulement pour sa vaste collection d’art, mais aussi pour son parc de sculptures, situé dans le Parc national de Hoge Veluwe, non loin d’Utrecht (NL).

Helene Kröller-Müller a collectionné près de 11 500 objets d'art et rêvait d'une « maison-musée », un rêve qui est devenu réalité en 1938 lorsque le Rijksmuseum Kröller-Müller a ouvert ses portes. Une salle de congrès et une salle de sculpture ont été ajoutées en 1953, puis une nouvelle aile entre 1970 et 1977 qui accueille la collection de sculpture moderne. Le jardin de sculptures du musée s’est agrandi au cours des ans, et est aujourd'hui, sur 25 hectares, l'un des plus grands d'Europe.

En 1961, le jardin de sculptures a été ouvert avec des œuvres de Rodin, Moore et Hepworth, entre autres. Les pelouses ont été d’emblée considérées comme des salles de musée, et les relations entre les sculptures elles-mêmes d’une part, et entre les sculptures et leur environnement naturel d’autre part, sont soigneusement étudiées. En 1964, un pavillon conçu par l'architecte Gerrit Rietveld installé dans le jardin de sculptures.

© Photo : Marjon Gemmeke

A la fin des années soixante, pour beaucoup d'artistes, l'environnement de l'œuvre d'art a commencé à jouer un rôle important, dès la phase de conception. Pour donner à ces artistes (parmi lesquels Snelson, Christo et Serra) assez de place, au propre comme au figuré, des zones boisées ont été ajoutées au jardin de sculptures. Les œuvres d'art sont désormais réparties sur l'ensemble du terrain, parmi les arbres, soit de façon très évidente et en totale visibilité, soit de manière plus discrète dans un coin reculé ou cachées parmi les arbres et les rhododendrons, pour ajouter au plaisir de la déambulation dans la forêt celui de la surprise visuelle. Désormais, chaque pièce est liée à son site dans le jardin. L'une des œuvres les plus célèbres, « Jardin d' émail », de Jean Dubuffet a été installée en 1974. Les sculptures de Barbara Hepworth, Richard Serra sont disséminées dans le jardin, parfois dans des endroits inattendus. Le jardin de sculpture est ouvert toute l'année et chaque saison avec les ajoute au génie du lieu.

A One Day Walk - Two generations of British artists : Caro, King, Long, Fulton, Flanagan, Pope, Cragg and Woodrow, en écho à une oeuvre de Hamish Fulton, rassemble une cinquantaine d'œuvres d'Anthony Caro, Philip King, Richard Long, Hamish Fulton, Nicholas Pope, Barry Flanagan, Tony Cragg et Bill Woodrow, acteurs majeurs de l'art britannique dans les années soixante, soixante-dix et quatre-vingt, qui ont fréquemment intégré la nature dans leurs œuvres.

Dans les années 60, Anthony Caro et Philip King réalisaient des sculptures abstraites et colorées, en acier, plastique et bois. Les deux sculpteurs ont enseigné à la très avant-gardiste Saint-Martin School of Art de Londres. Les élèves de Caro, Barry Flanagan, Richard Long, Hamish Fulton et Bill Woodrow ont alors réagi au formalisme de leurs aînés en mettant davantage l'accent sur le concept, le processus et l'environnement dans leur travail. Tony Cragg considérait les tendances minimalistes dominantes trop limitées et a joué avec les associations subjectives que les matériaux pouvaient suggérer. Comme Richard Long et Hamish Fulton, Nicholas Pope s’est concentré sur les matériaux que la nature procure.

http://www.kmm.nl/

Catherine Legallais